Jusqu'au bout du voyage.

Part 1

Encore un matin où je me lève tard, la maison est toujours en désordre, le "Dropen" ne rouvrira pas ses portes aujourd'hui, bien que ce matin me semble différent, un rayon de soleil s'est invité sur mon visage, une douce lueur chaude, si seulement il pouvait me réchauffer le cœur, hélas cela fait deux semaines que je n'ai plus de ses nouvelles, depuis ma vie s'est arrêtée, en prenant mon portable je remarque une photo de moi, datant de au moins 5 ans, où il est écrit: " Vincent je t'aime fort", au même moment mon portable vibre, le numéro appelant m'était familier, coïncidence?
Vincent : Allô? 
(Je me demande si c'est bien elle.) 
Inconnue : Vincent? Je ne te dérange pas?
Vincent : Cela m'étonne que même après 5 ans tu n'aies pas changé de numéro Sheila, et cela m'étonne encore plus sachant que tu n'étais plus en France. Depuis quand es-tu a Perpignan?
Sheila : Je viens d'arriver... Mais comment sais-tu que je suis à Perpignan?
Vincent : Une intuition qui me rappelle que tu ne parles qu'à une personne dans cette ville, et je dois avouer que cela me fait très plaisir de te parler au téléphone. Comment était Londres?
Sheila : Ca me fait plaisir aussi... Pour Londres je préfère t'en parler autour d'un café, à moins que tu aies faim, vu qu'il est presque midi.
Vincent : Non, un café ira très bien, je viens de me lever. Où es-tu? Je passe te chercher.
Sheila : Je suis encore à la gare. Je sais que ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus, mais on se connaît depuis toujours et cela n'a jamais était dans tes habitudes de te lever aussi tard. Tout va bien?
Vincent : Laisse moi deviner, tu es venu pour parler de ce qui s'est passé il y a cinq ans?
Sheila : Effectivement, tu es toujours aussi direct, mais j'aimerai aussi savoir ce que tu as fait pendant toutes ces années. J'avoue que j'ai toujours envie d'écrire ta biographie, ta vie m'a toujours fait rêver.
Vincent : Pas de problème, Je t'expliquerai tout jusqu'à aujourd'hui, mais je tiens à savoir comment est Londres.
Sheila : Ne t'en fais pas, mais tu me connais, tu dois tout me raconter avant, je t'attends.
Vincent : J'arrive tout de suite, mais faudra aussi que tu m'expliques ce qui t'a poussée à venir ici aussi soudainement, quand j'aurai fini.
Sheila : D'accord, à tout de suite.
A peine après avoir raccroché je me suis préparé. Cinq longues années sans avoir vu ma meilleure amie, et même après tout ce temps nous agissons comme si on s'était vu hier pour la dernière fois, bien que nous nous étions dit: "Au revoir" après une lourde dispute, on a jamais pu être rancunier ou énervé l'un envers l'autre. Je me prépare déjà à faire ressurgir le passé et tout expliquer, toutes ces années de ma vie qu'on a pas partagées elle et moi.
Enfin à la gare, elle est là et elle n'a pas changé, une femme belle et rayonnante, de longs cheveux fins portés par une douce brise, c'est bien elle, le visage mystérieux, des yeux marron clair, de temps en temps ils deviennent verts, mais une chose avait changé, bien qu'un évènement ait dû lui arriver pour qu'elle revienne me voir aussi soudainement, elle a trouvé le bonheur, la douceur sur son visage est plus intense qu'il y a cinq ans, on dirait vraiment un ange tombé du ciel, comme une perle rare qui rempli mon cœur de joie à chaque fois que je la vois, cela faisait au moins deux semaines que je n'avais pas souri. En la prenant dans mes bras un flot de souvenirs me revient à l'esprit, après tant d'années je me sens toujours aussi bien avec elle et le fait de la serrer dans mes bras me redonne l'envie de vivre, sans oublier son parfum qui n'a jamais changé, cette odeur fraîche et fruitée qui a toujours sût apaiser mon cœur. Je me rend compte que la simple présence de Sheila me réconforte et qu'elle est la seule qui puisse m'empêcher de tout abandonner, surtout en ce moment. Je trouve ça bête, mais je dois bien avouer que j'en avais presque oublié la définition de l'amitié. Je suis vraiment heureux d'avoir retrouvé ma seule et véritable amie


Part 2 

Vincent : Alors, tu as fait bonne route ?

Sheila : Oui, je te remercie, mais tu es venu à pied ?

Vincent : Non, en voiture, je suis garé un peu plus bas, tu connais le « Dropen Town » ?

Sheila : Oui, j’en ai entendu parler, mais tu n’es pas au courant ? Il est fermé depuis presque deux semaines. Il est de nouveau ouvert ?

Vincent : je suis au courant et non il est toujours fermé.

Sheila : Mais alors pourquoi veux-tu y aller ?

Vincent : J’en suis le patron, donc fermé ou pas c’est moi qui en décide.

Sheila : Vraiment ? C’est extra, je te suis avec plaisir.

Vincent : Ca marche. On ne va pas rester planté devant la gare, ma voiture est juste là.

Sheila : … Belle voiture, elle est superbe.

Vincent : Merci.

Dans la voiture le silence commence à s’installer, l’ambiance est tendue, quasiment n’importe quel sujet de conversation nous engagera à reparler du passé, et nous savons très bien elle et moi que nous ne pouvons nous permettre d’en parler ailleurs que dans un lieu où personne ne pourrait écouter ou venir nous déranger. Le « Dropen » est l’endroit parfait.

Enfin arrivé, nous descendons de la voiture j’ouvre la porte du bar qui est comme ma deuxième maison, bien que heureusement ce soit mieux rangé que chez moi.

Sheila : Enorme ! C’est super grand, et le concept est sublime. C’est toi qui l’a imaginé je suppose, non ?

Vincent : Exacte, c’est bien moi et ne me demande pas combien m’ont coûter les tables en forme de symbole de Mars et de Venus.

Sheila : Oui j’imagine bien qu’elles ont dû te revenir chères. Tu as l’air d’avoir bien réussi ta vie.

Vincent : Oui j’avoue, et toi tu as l’air d’avoir trouvé le bonheur, ça fait combien de temps avec ton homme ?

Sheila : Cela va faire bientôt quatre ans, mais comment le sais-tu ?

Vincent : je l’ai lu sur ton visage, mais n’oublie pas que je t’aimerai toute ma vie, et j’ose bien croire plus que quiconque.

Sheila : Je ne l’oublie pas, et toi les amours ?

Vincent : Après, je dois d’abord tout te raconter ces cinq dernières années. Assied toi, je te rapporte quoi à boire ?

Sheila : Ben je pense qu’un demi ira bien.

Vincent : Je sais qu’il nous faut au moins une heure pour en boire un, mais il nous en faudra plusieurs. J’apporte ça tout de suite.

Sheila : Tu sais Vincent, je suis vraiment désolé de m’être emportée comme je l’ai fait il y a cinq ans.

Vincent : Laisse le passé au passé, cela fait déjà longtemps que j’ai tiré un trait dessus, je t’aime trop pour ça et je suis content de ne pas t’avoir perdu à cause de ce stupide quiproquo. Voilà ton demi.

Les bières posées sur la table, nous sommes enfin confortablement installés pour notre retour en arrière.



Part 3

L’enterrement avait lieu dans quelques jours, je n’avais pas entendu de date précise, mais mon père disait que ça lui ferait du bien de pouvoir se retrouver avec sa famille. Un coup de sonnette retentir, j’écoutais pour savoir qui c’était, mon père était aller dans sa chambre (je me souviens bien du claquement de la porte). Au bout de quelques minutes la voix de Sheila résonnait dans le hall juste avant qu’elle vienne dans ma chambre me réveiller.

« Cela remonte à cette après-midi de printemps, qui même après cinq and me paraît être hier dans mon esprit, j’étais sorti la veille et mes parents pensait que je dormais encore, ils parlaient de la mort de ma grand-mère maternelle qui venait de décédée a la suite d’une crise cardiaque, mon père essayait de convaincre ma mère d’aller à l’enterrement sans me prévenir de la situation, mais elle refusait. Elle détestait sa mère, et c’est bien pour ça que je ne l’ai jamais connu. Je n'ai jamais eu l'envie de lui demander ce qui s'était passé entre elles (en y réfléchissant aujourd'hui, j'ai toujours trop aimé ma mère pour lui demander des explications). 

Sheila : Vincent, Vincent réveille…

Vincent : Je suis déjà réveillé.

Sheila : Ca va? Tu es encore couché a cette heure!

Vincent : Oué ça va et toi? Fais comme si je m’étais réveillé a l’instant, je t’expliquerai en mangeant un bout.

Sheila : Ola! Qu’est-ce qui se passe ?

Vincent : Je te dirai après. Mais tu ne m’as pas répondu, tu vas bien? C’est rare que tu viennes aussi tôt. Tu veux manger où?

Sheila : Mon père m’a appelé… On peut aller voir à Catalogne pour un restaurant.

Une fois hors du lit, un bruit de valise à roulette dans la cage d’escalier se répercuta dans ma chambre, je pris les premiers habits propres qui passai sous ma main, enfilai mes chaussures mis ma veste et sortis de la chambre avec Sheila (je pense que je n’ai pas entendu la porte s'ouvrir ou se refermer pendant qu'on discutait, pas même après le bruit du moteur quand ma mère est partie).

Vincent : Salut papa ça va? Où est maman?

Victor : Ca va et toi mon fils bien dormi? Ta mère est allée en Cerdagne voir sa famille. Elle revient dans une semaine environ.

Vincent : Moué ça va. On va manger en ville avec Sheila, à toute.

Sans même lui laisser le temps de répondre j’étais déjà en train de descendre les escalier, puis je m’installai dans ma voiture, une fois que ma meilleure amie m’eu rejoint et les ceintures attachées on partit en direction du centre ville.

Sheila : Bon qu’est-ce qui s’est passé? Tu as l’air tendu.

Vincent : Rien, c’est juste que j’ai pas eu le temps de dire « au revoir » à ma mère et que je trouve qu’il aurait pu me prévenir.

Sheila : Mais tu étais réveillé non?

Vincent : Oui j’essayais d’écouter ce qu’ils se disaient mais je n’ai pas vraiment entendu qu’elle partait.

Sheila : Gare toi là. Ben écoute c’est pas si grave, je sais que tu tiens à ta mère plus que tout au monde mais elle n’est partie que pour une semaine.

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